De l’énergie à revendre

Portrait   Energie 2030

Par Gregoire Comhaire, Janvier 2018

Depuis plus de 20 ans, la coopérative Energie 2030 permet à n’importe quel citoyen de devenir co-propriétaire de parcs à éoliennes. Energie 2030 a obtenu 20/20 au classement des fournisseurs d’énergie établi par Greenpeace. Parmi leurs 5000 clients, on trouve la plupart des magasins färm.

Pas besoin de mettre une éolienne dans son jardin pour consommer de l’énergie que l’on produit soi-même. Depuis près de 20 ans, une petite coopérative invite les citoyens à mutualiser leurs moyens afin de développer de l’énergie verte, abondante et bon marché. Son nom : Energie 2030. Un petit fournisseur d’énergie 100% vert et 100% citoyen, qui séduit chaque jour de nouveaux clients dans les trois régions du pays.

Energie 2030, un petit fournisseur d’énergie 100% vert et 100% citoyen.

Militants de la première heure

Tout commence en 1992, dans la foulée du premier Sommet de la Terre organisé à Rio de Janeiro, au Brésil. Une exposition consacrée aux énergies renouvelables se tient quelques mois plus tard au Danemark. Une poignée de militants écologistes belges décident d’y participer. « A l’époque, il n’y avait pratiquement rien en Belgique » se souvient Patrick Kelleter, alors cuisinier dans un restaurant étoilé et aujourd’hui président de la coopérative Energie 2030. Il n’y avait aucune éolienne dans notre pays et à peine quelques turbines hydroélectriques installées à titre expérimental sur quelques cours d’eau. Le voyage au Danemark fait donc un peu figure d’expédition futuriste à la rencontre de technologies à même de révolutionner le monde. « On a trouvé plein de gens intéressés pour venir avec nous. Des Belges, mais aussi des Allemands, des Hollandais, des Luxembourgeois… Nous avons loué un bus et nous sommes partis au Danemark. Là-bas, nous avons été très impressionnés par ce que nous avons vu ».

A l’époque, le Danemark est déjà un pays leader en matière d’énergies renouvelables. Le pays produit une grande partie de ses besoins en énergie grâce aux nombreuses éoliennes que le gouvernement a fait installer sur son littoral. En discutant autour d’une bière, les militants belges décident de s’associer pour lancer quelque chose de similaire chez nous. L’asbl « Die Raupe » (la chenille) est créée l’année suivante. Son objectif est de lever des fonds auprès de ses membres, afin d’acheter et d’implanter des éoliennes en Belgique.

 

A l'époque, l'objectif est de lever des fonds auprès de ses membres, afin d’acheter et d’implanter des éoliennes en Belgique.

Franc succès

Plusieurs millions de francs belges sont collectés en quelques jours. Une première petite éolienne voir le jour à Saint-Vith, en communauté germanophone. D’autres projets de parcs à éoliennes sont lancés ensuite, en s’associant avec une coopérative allemande qui leur apporte son expertise et les aide à se professionnaliser.

En 1995, la « chenille » devient à son tour une coopérative. Elle prend le nom d’Energie 2030 car c’est l’année où les fondateurs auront l’âge de prendre leur retraite. « D’ici là, on espère que le monde aura changé » poursuit Patrick Kelleter. « On rêve que d’ici 2030, le monde aura diminué sa consommation d’énergie de moitié, et que l’énergie verte comptera pour au moins 50% de l’autre moitié ». Pour bâtir ce rêve, Energie 2030 travaille chaque jour à apporter sa pierre à l’édifice. Aujourd’hui, la coopérative fournit plus de 5000 clients en électricité en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Une demande de licence a été déposée pour la fourniture de gaz. Elle devrait aboutir d’ici la fin du premier trimestre 2018.

« On rêve que d’ici 2030, le monde aura diminué sa consommation d’énergie de moitié, et que l’énergie verte comptera pour au moins 50% de l’autre moitié », Patrick Kelleter et Marie Bontemps.

Petit mais visionnaire

Energie 2030 reste un petit fournisseur, si on le compare aux géants que sont par exemple Engie ou Lampiris. Mais elle peut se targuer d’avoir obtenu une note de 20/20 au classement annuel réalisé par Greenpeace. Pas très difficile quand on produit 100% de l’énergie verte que l’on vend à ses clients… « Contrairement à certains de nos concurrents, nous n’achetons pas des labels de garantie d’origine à l’étranger pour ‘verdir’ l’énergie que nous vendons. Nous produisons nous-mêmes l’énergie que nous fournissons à nos clients, et nous ne vendons pas plus que ce que nous sommes capables de produire. »

"Nous produisons nous-mêmes l’énergie que nous fournissons à nos clients, et nous ne vendons pas plus que ce que nous sommes capables de produire."

Prochain projet en chantier: un nouveau parc à éoliennes à Gesves, dans le Condroz. Désormais, Energie 2030 travaille avec une coopérative européenne qu’elle a contribué à créer : Cleanpower Europe. Cette nouvelle coopérative investit dans des projets durables très diversifié. Pour être client chez Energie 2030, il faut impérativement avoir souscrit des part dans la coopérative Cleanpower Europe, soit 1000 euros minimum. Un investissement qui donne droit à des dividendes et qui permet à Cleanpower Europe  de poursuivre son développement.

Energie 2030 travaille avec une coopérative européenne qu’elle a contribué à créer : Cleanpower Europe.

Ainsi, et depuis leur création, la presque totalité des magasins Färm se fournissent en énergie chez Energie 2030. Färm détient des parts dans la coopérative, et Energie 2030 détient des parts chez Färm en tant que « fournisseur ». « C’est assez logique pour nous comme association » conclut Patrick Kelleter. « Nous cherchons toujours à grandir, et pour cela, nous voulons nous associer avec des clients qui partagent nos valeurs. » A l’heure actuelle, entre cinq et dix nouveaux clients contactent chaque jour Energie 2030 pour une demande d’abonnement. 2030 c’est demain et le changement c’est maintenant.

« Nous cherchons toujours à grandir, et pour cela, nous voulons nous associer avec des clients qui partagent nos valeurs », Patrick Kelleter.


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