Crowdfunding: en route vers les 70%!

Dossier  Crowdfunding

Par Kristian Crick, printemps 2018

La campagne de crowdfunding de färm se poursuit jusqu’au 31 mai. Grâce à vous et à la SRIB, nous avons déjà dépassé 65% de notre objectif. Mais à quoi va servir cette campagne? Comment seront utilisés les fonds récoltés? Explications!

Il y a 5 ans germait à Bruxelles la petite graine färm, née de la rencontre entre les propriétaires d’une petite épicerie bio et de deux investisseurs éthiques. L’idée: permettre au plus grand nombre d’avoir accès à une alimentation saine, éthique et durable. Et démontrer qu’on pouvait conjuguer patrimoine et impact sociétal. Après 5 ans, färm se porte bien et fait de plus en plus partie du paysage belge du bio.

Lionel Wauters, co-fondateur de färm: imaginer des entreprises qui, comme la banque Triodos, conjuguent investissement et impact sociétal.

Pourquoi faire appel à vous?

Tout d’abord parce que färm est une coopérative et qu’il est essentiel que l’entreprise soit réellement partagée par toutes ses parties prenantes: les investisseurs (les parts A, mais ça, c’est déjà fait, merci!), les managers (parts B), les membres du personnel (parts C), les fournisseurs, producteurs et artisans (parts E), les magasins affiliés (parts F), mais aussi et surtout les sympathisants (parts D).

Notre coopérative se construit en développant des mécanismes d’intelligence collective et de gouvernance participative. L’idée est vraiment qu’à terme, le capital soit équitablement réparti entre toutes les catégories de porteurs de parts. C’est une des raisons pour lesquelles nous faisons appel à vous.

Une autre raison, c’est parce que nous avons besoin de capital pour grandir. Aujourd’hui, la préservation du caractère artisanal du bio est paradoxalement une question de taille.

Parce qu’à l’heure où un produit bio sur deux est vendu dans la grande distribution, il est essentiel de développer des systèmes alternatifs. Car chez färm, plus de magasins signifie plus d’opportunités pour plus de monde: pour trouver et consommer les produits, bien sûr. Mais aussi pour avoir l’assurance de bénéficier d’un réseau de distribution pensé pour les artisans et petits producteurs.

Le premier supermarché belge, place Flagey à Bruxelles en 1957. Depuis, les choses ont bien changé.

La bonne distribution: une alternative à la grande distribution

Quand on évoque la grande distribution, il faut d’abord préciser de quoi on parle. En Belgique, la distribution alimentaire est un marché de 25 milliards d’euros, que se partagent 7 entreprises, qui en détiennent 95%. Vous avez bien lu: 7 entreprises. Tous les autres modèles, de la coopérative citoyenne au légumier du quartier, du vendeur sur les marchés au distributeur de paniers bio, se partagent les 5% restants.

La grande distribution a amené l’alimentation à devenir une industrie, avec des conséquences parfois très graves pour notre bien-être, voire notre santé. Dans les villes, les artisans disparaissent. Du côté des produits, 80% des produits proposés dans la grande distribution provient d’une des grandes multinationales agro-alimentaires.

Aujourd’hui, un produit bio sur deux provient de la grande distribution qui, elle-même, est menacée par les géants de l’ecommerce comme le rachat de la chaîne de supermarchés Wholefoods par Amazon l’a démontré.

Färm a été lancée il y a 5 ans par des investisseurs éthiques et des personnes qui souhaitaient développer un réseau de magasins bio alternatif. A côté des autres acteurs coopératifs, associatifs ou simplement à côté des commerçants indépendants, färm souhaite démontrer qu’une alternative à la grande distribution est possible.

La grande distribution: jusqu'où aller dans la démesure?

Conjuguer investissement et éthique

Est-il possible de conjuguer le fait d’investir et l’éthique? C’est une question qui nous est souvent posée, et à laquelle nous répondons systématiquement “oui, bien sûr!”. Pour nous, il est absolument indispensable de se réapproprier notre alimentation. Nous sommes convaincus que notre portefeuille est notre bulletin de vote. De même, ce qui est vrai pour nos gestes du quotidien le sont aussi pour nos investisseurs, sans quoi la démarche serait tout sauf cohérente. Le projet färm n’est pas un projet spéculatif mais bien une initiative qui, à long terme, veut se construire en véritable alternative à la grande distribution.

C’est aussi la raison pour laquelle il est important, pour färm, de partager son actionnariat avec tous les bénéficiaires de la coopérative.

Devenir coopérateur de färm permet aussi de financer l’ouverture de nouveaux magasins et, par là, de permettre à davantage de personnes de profiter de l’accès à une alimentation saine, éthique et durable.

Qu’allons-nous faire de votre argent?

  1. Nous allons transformer färm en une coopérative régie par l’intelligence collective et la gouvernance participative. Nous sommes déjà accompagnés par une experte dans cette démarche et nous avons institué un groupe de travail participatif qui aide l’entreprise à se remettre en question. C’est un chantier important qui implique toute la coopérative.
    Pour financer ce projet, nous avons besoin de 80.000€.
  2. Nous allons ouvrir un nouveau magasin à Schaerbeek. En septembre 2018, nous allons ouvrir un septième magasin färm à Schaerbeek, à proximité de la place Meiser. Ce magasin de 650 mètres carrés sera le plus grand magasin färm ouvert à ce jour. Il comptera une boulangerie complète, en partenariat avec la coopérative Agribio. On y pétrira et cuira le pain tous les jours. Le magasin sera conçu comme un grand marché couvert qui fera la part belle aux fruits et légumes et au vrac, alimentaire et non alimentaire. Le bâtiment est une ancienne usine textile et demande d’importantes transformations.
    Pour financer ce projet, nous avons besoin de 300.000€.
  3. Nous allons développer notre soutien logistique aux autres magasins bio qui partagent les mêmes valeurs que nous. A mesure que notre coopérative se développe, nous mettons en place de nouveaux partenariats avec des producteurs, des artisans, d’autres magasins bio. Nous créons des opportunités pour nombre d’entre eux. Avec notre partenaire Sumy, nous créons une filière logistique destinée à faciliter la distribution de produit alternatifs (fruits, légumes issus de petits producteurs, mais aussi produits transformés issus d’artisans indépendants et de petites entreprises pour lesquelles la logistique est un casse-tête sans fin).
    Pour développer ce projet, nous avons besoin de 125.000€.
  4. Nous allons sensibiliser le public à l’importance d’adopter un parcours de consommation durable en mettant en place de nombreux dispositifs qui permettront de prendre conscience des enjeux de notre consommation: de l’étiquetage de nos fruits et légumes jusqu’à une application qui permettra à chaque visiteur de comprendre comment des choix individuels peuvent impacter la société. Avec ce projet, nous voulons devenir une force de transformation du comportement de consommation.
    Pour développer ce projet, nous avons besoin de 150.000€.
  5. Nous allons poursuivre la construction de filières agricoles vertueuses. Par exemple, en septembre dans notre nouveau magasin de Schaerbeek, nous créerons avec la coopérative Agribio une boulangerie de plus (pas un endroit où on cuirait des pâtons: une vraie boulangerie bio complète, avec pétrins, chambres de pousse, levains et fours). Nous créons en ce moment une nouvelle filière porcine avec 18 producteurs wallons de porc bio. Nous développons une marque – nom de code: “ensemble”, qui traduira nos engagements vis-à-vis des producteurs, pour défendre des modes de production qui iront bien au-delà du cahier de charges de l’agriculture bio, en prenant en compte des notions comme le revenu du producteur, le bien-être animal, l’environnement.
    Pour développer ce projet, nous avons besoin de 152.500€.

Ces 5 engagements nécessitent un investissement  de 800.000€. Finance.Brussels, le pôle financier de la Région Bruxelloise, a décidé d’apporter 500.000€. Pour les 300.000€ restants, nous comptons sur vous!

Actuellement, en additionnant ces deux apports, nous avons déjà dépassé les 65%! Vous avez jusqu’au 31 mai pour souscrire et nous aider à concrétiser ces projets en atteignant les 100%!

Eva Sadoun et Julien Benayoun, de Lita.co: pour que la finance ait un véritable impact sur la société actuelle.

Lita.co: première plateforme d’impact investing

Pour gérer cette campagne de crowdfunding, nous avons choisi Lita.co, un partenaire de choix spécialisé dans l’impact investing, un vocable un peu cryptique qui désigne tout simplement le fait d’investir dans des projets qui ont un impact sociétal.

Il existe plusieurs types de crowdfunding. Le plus connu est le reward-based crowdfunding, où l’on offre contre chaque participation des cadeaux allant d’un grand merci à des objets de valeur; à côté de cette formule très répandue, existe aussi le lending crowdfunding. Comme son nom l’indique, la collecte permet d’emprunter de l’argent pour mener son projet à bien.

Enfin, l’equity crowdfunding permet d’acheter des parts de l’entreprise en collecte. C’est cette troisième forme pour laquelle a opté färm.

En Belgique, l’achat de parts sociales est une démarche formelle contrôlée par les autorités. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi d’être encadrés par Lita.co.

Lita.co est la première plateforme française d’impact investing. En trois ans, cette entreprise de financement participatif fondée par Julien Benayoun et Eva Sadoun, deux jeunes Français passionnés de finance et d’éthique, a déjà récolté plus de 5 millions d’euros pour soutenir une vingtaine de projets. Elle débute ses activités en Belgique avec färm, mais aussi Tale Me (concept de location de vêtements enfants en économie locale et circulaire), Do Eat (verrines mangeables – que l’on peut d’ailleurs trouver dans les magasins färm), Ethical Property (les bâtiments Mundo-N à Namur et Mundo-B à Bruxelles), ou la Foncière Chênelet (logements sociaux écologiques et économes).

Pour souscrire à des parts de färm, vous devez vous inscrire sur le site Lita.co en cliquant ici (vous serez redirigé vers le site). Une fois sur le site, vous devrez répondre à quelques questions qui permettront de définir votre profil d’investisseur·se (une démarche obligatoire imposée par les autorités), et fournir une copie de votre carte d’identité et une “preuve d’adresse” (par exemple, une facture d’eau, d’électricité, de téléphone).

Une fois ces formalités accomplies, vous pourrez souscrire autant de parts que vous le souhaitez, avec un minimum de 6 (98,10€) et un maximum de 5000€.

Pourquoi devenir coopérateur färm?

  • Pour garantir l’indépendance de färm en tant que distributeur alternatif;
  • Pour soutenir un projet collaboratif;
  • Pour créer une alternative solide à la grande distribution;
  • Pour faire un investissement éthique et donner du sens à votre épargne;
  • Pour bénéficier de 2% de remise sur tous vos achats.

En devenant coopérateur, vous participez à un projet fondamental dans le paysage de la distribution alimentaire en Belgique. Au plus nous serons nombreux, au plus nous formerons une alternative crédible à la grande distribution. Mais vous bénéficiez aussi d’un avantage très concret: 2% de remise sur l’ensemble de vos achats, immédiatement déduits à la caisse de chaque magasin färm. C’est-à-dire que si vous investissez pour le montant minimal de 98,10€, celui-ci sera rapidement couvert par votre remise! Mais rien ne vous empêche naturellement d’acheter plus de parts!

Pour participer à la campagne et acheter des parts de färm, rendez-vous ici sur le site de Lita.co. Ensemble, on peut le faire!



Recevoir le magazine

De färmidables nouvelles une fois par mois. Pas de harcèlement. Juste vous et nous.